Histoire

Sa géologie :

Les roches de Cabrières sont parmi les plus anciennes du Languedoc, comprises entre 325 et 500 millions d’années.

trilobite A Cabrières, on recueille communément certains fossiles : des « trilobites », des « orthocères » ou des « goniatites ».

Une telle abondance de fossiles dans le seul territoire de Cabrières suffirait
à valoir à ce village une place importante parmi les localités de la France géologique; la richesse de ceux qu’il nous fournit, par surcroît, lui a conquis, sans conteste, le premier rang. (L’HÉRAULT GÉOLOGIQUE : Paul Gervais de Rouville, doyen de la faculté de siences de Montpellier 1884)

Toutes les études firent de Cabrières un lieux privilégié. Il n’est donc pas étonnant que l’hôtel de la famille Pauzes s’appelait autrefois l’Hôtel des Géologues.

La géologie de Cabrières est particulièrement compliquée. Les roches se trouvent ici dans une extrême confusion, parfois sans dessus dessous.
Ainsi, au Pic de Vissou, les roches les plus anciennes (Ordovicien et Dévonien) sont situées maintenant au dessus de roches plus jeunes (Carbonifère inférieur). Les géologues ont décrit cette situation complexe sous le nom « d’écaille de Cabrières » dont la formation a été vraiment comprise il y a seulement quelques années.

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Paul Gervais de Rouville étudiera en son temps les roches de Cabrières, comme le montre bien son interprétation correcte de la structure inverse du Dévonien du Pic de Vissous.

Son histoire :

En 533, Théodebert 1er, petit fils de Clovis, lors de sa campagne victorieuse contre les Wisigoths, dans le sud de la Gaule, se présente devant la place forte du château de Cabrières. La belle Deuterie, comtesse de Cabrières, femme abandonnée par son gouverneur de mari Ferréol, belle et très intelligente, préfère complimenter et se soumettre plutôt que de combattre son assaillant. Théodebert en tombera amoureux, l’emmènera avec lui et répudiera sa femme, avant de l’épouser. Voilà comment cette Cabrièroise deviendra reine d’Austrasie et faillit devenir Impératrice de Constantinople sans un accident mortel de chasse de son prince.

Livret découverte

Histoire

Le lien qui lie CABRIERES et le vin ne date pas d’aujourd’hui. Déjà en 1357, les vieux registres municipaux de Montpellier font état du « vin vermeil » de Cabrières servi à chaque banquet officiel.
Au siècle suivant, le vin de Cabrières va connaître une nouvelle consécration glorieuse ; le prieur de la paroisse, Fulcrand Cabanon, s’en fut en 1687 à Versailles dire le secret de son vin vermeil au Roi Soleil qui l’appréciait fort. Saint-Amant, poète de la cour du monarque, a même chanté le merveilleux breuvage: « Baille moy donc de ce vin vermeil … Bref, c’est mon feu, mon sang, mon soleil … ».

Bien des années plus tard, un autre prêtre originaire du Village écrira « Cabrières au fil des ans » en 1946, en hommage à la création de la cave coopérative créée juste avant guerre en 1938.

Il est difficile d’évoquer Cabrières sans parler des initiatives prises par les dirigeants de la cave coopérative depuis plus de 60 ans.
En effet, dès 1947, les vignerons de la coopérative, afin de valoriser la production de leurs adhérents décident de commercialiser leurs vins en bouteilles. D’abord et surtout les rosés.

En 1952 est déposée la marque l’Estabel pour identifier cette production, accompagnée de la mention « Vin Vermeil ».

La mise en bouteille était alors réalisée manuellement, en bouteille verte dite « flûte distillateur », l’étiquette en forme de parchemin, encore aujourd’hui très reconnaissable.

En 1955, le vignoble de Cabrières fut classé en appellation d’origine « VDQS » Cabrières, pour ses vins rosés. Ainsi s’ouvrait la voie « royale » pour Cabrières, premier rosé des Coteaux du Languedoc.
A la demande des producteurs (cave coopérative et caves particulières encore nombreuses à cette époque), et compte tenu de l’excellent comportement du cinsault sur les sols schisteux de Cabrières, les producteurs décident d’imposer le Cinsault comme cépage principal pour l’élaboration des rosés. Cette disposition a d’ailleurs été reprise dans le décret qui définit les règles de production de l’AOC « Coteaux du Languedoc Cabrières ».

Membre fondateur des Coteaux du Languedoc dès 1960, avec l’arrêté du 16 décembre 1960, Cabrières rejoint la liste des 49 communes fondatrices des Coteaux du Languedoc.
En 1963, la commune de Cabrières est classée en appellation contrôlée « VDQS » Cabrières, pour ses vins rouges.
En 1983, après les secteurs de schistes du Languedoc (Saint Chinian et Faugères), la commune de Cabrières fut pressentie pour une reconnaissance en AOC Cabrières.
En 1985, au moment du passage des VDQS rouge et rosé en AOC, la commission de l’INAO classe la totalité des parcelles cultivables de la commune en Coteaux du Languedoc Cabrières.
L’ensemble des 380 ha de vigne de la commune est classé en Appellation d’Origine Contrôlée Coteaux du Languedoc Cabrières et Clairette du Languedoc.

Au rythme des nouvelles plantations de Syrah et Grenache noir, mais surtout à partir des années 1980, la production de vins rouges n’a cessé d’augmenter. Bien reconnaissables, ils se sont très vite distingués, à l’image des vins rosés, par leur souplesse, leur caractère fruité intense, leur rondeur.

La nature des sols peu productifs, l’orientation des plantations exclusivement tournée vers l’AOC et non vers les vins de Pays ou de Cépage, la progression régulière des volumes déclarés des AOC Coteaux du Languedoc et Clairette du Languedoc en fonction des nouvelles règles d’encépagement, l’inexistence du mitage par arrachage définitif ont assuré au fil des ans une production homogène.

On peut dire qu’il existe à Cabrières des « usages locaux, loyaux et constants » une sorte d’autodiscipline qui explique l’aspect homogène du vignoble et l’harmonie du paysage qui séduit immanquablement les visiteurs.

En 2009 Après 55 ans de pratique de l’appellation contrôlée, les producteurs de Cabrières ont demandé la reconnaissance de leur terroir historique en Appellation d’Origine Protégée.

(Sources : Syndicat de l’appellation CABRIERES)