Histoire de la viticulture à Cabrières

Le lien qui lie Cabrières et le vin ne date pas d’aujourd’hui. Déjà en 1357, les vieux registres municipaux de Montpellier font état du « vin vermeil » de Cabrières servi à chaque banquet officiel.

Au siècle suivant, le vin de Cabrières va connaître une nouvelle consécration glorieuse ; le prieur de la paroisse, Fulcrand Cabanon, s’en est allé à Versailles en 1687 dire le secret de son vin vermeil au Roi Soleil qui l’appréciait fort. Saint-Amant, poète de la cour du monarque, a même chanté le merveilleux breuvage: « Baille moy donc de ce vin vermeil … Bref, c’est mon feu, mon sang, mon soleil … ».

Bien des années plus tard, un autre prêtre originaire du Village écrira « Cabrières au fil des ans » en 1946, en hommage à la création de la cave coopérative créée juste avant guerre en 1938.

Il est difficile d’évoquer Cabrières sans parler des initiatives prises par les dirigeants de la cave coopérative depuis plus de 60 ans.

En effet, dès 1947, les vignerons de la coopérative, afin de valoriser la production de leurs adhérents décident de commercialiser leurs vins en bouteilles.

En 1952 est déposée la marque l’Estabel pour identifier cette production, accompagnée de la mention « Vin Vermeil ».

La mise en bouteille était alors réalisée manuellement, en bouteille verte dite « flûte distillateur », l’étiquette en forme de parchemin, encore aujourd’hui très reconnaissable.

En 1955, le vignoble de Cabrières fut classé en appellation d’origine « VDQS » Cabrières, pour ses vins rosés. Ainsi s’ouvrait la voie « royale » pour Cabrières, premier rosé des Coteaux du Languedoc.

A la demande des producteurs (cave coopérative et caves particulières encore nombreuses à cette époque), et compte tenu de l’excellent comportement du cinsault sur les sols schisteux de Cabrières, les producteurs décident d’imposer le Cinsault comme cépage principal pour l’élaboration des rosés. Cette disposition a d’ailleurs été reprise dans le décret qui définit les règles de production de l’AOC « Coteaux du Languedoc Cabrières ».

Membre fondateur des Coteaux du Languedoc dès 1960, avec l’arrêté du 16 décembre 1960, Cabrières rejoint la liste des 49 communes fondatrices des Coteaux du Languedoc.

En 1963, la commune de Cabrières est classée en appellation contrôlée « VDQS » Cabrières, pour ses vins rouges.

En 1983, après les secteurs de schistes du Languedoc (Saint Chinian et Faugères), la commune de Cabrières fut pressentie pour une reconnaissance en AOC Cabrières.

En 1985, au moment du passage des VDQS rouge et rosé en AOC, la commission de l’INAO classe la totalité des parcelles cultivables de la commune en Coteaux du Languedoc Cabrières.

L’ensemble des 380 ha de vigne de la commune est classé en Appellation d’Origine Contrôlée Coteaux du Languedoc Cabrières et Clairette du Languedoc.

Au rythme des nouvelles plantations de Syrah et Grenache noir, mais surtout à partir des années 1980, la production de vins rouges n’a cessé d’augmenter. Bien reconnaissables, ils se sont très vite distingués, à l’image des vins rosés, par leur souplesse, leur caractère fruité intense, leur rondeur.

La nature des sols peu productifs, l’orientation des plantations exclusivement tournée vers l’AOC et non vers les vins de Pays ou de Cépage, la progression régulière des volumes déclarés des AOC Coteaux du Languedoc et Clairette du Languedoc en fonction des nouvelles règles d’encépagement, l’inexistence du mitage par arrachage définitif ont assuré au fil des ans une production homogène.

On peut dire qu’il existe à Cabrières des « usages locaux, loyaux et constants » une sorte d’autodiscipline qui explique l’aspect homogène du vignoble et l’harmonie du paysage qui séduit immanquablement les visiteurs.

En 2009 Après 55 ans de pratique de l’appellation contrôlée, les producteurs de Cabrières ont demandé la reconnaissance de leur terroir historique en Appellation d’Origine Protégée.

En 2018, la cave coopérative a fêté ses 80 ans !

Le vignoble cabriérois

Histoire du village

En 533, Théodebert 1er, petit fils de Clovis, lors de sa campagne victorieuse contre les Wisigoths, dans le sud de la Gaule, se présente devant la place forte du château de Cabrières. La belle Deuterie, comtesse de Cabrières, femme abandonnée par son gouverneur de mari Ferréol, belle et très intelligente, préfère complimenter et se soumettre plutôt que de combattre son assaillant. Théodebert en tombera amoureux, l’emmènera avec lui et répudiera sa femme, avant de l’épouser. Voilà comment cette Cabrièroise deviendra reine d’Austrasie et faillit devenir Impératrice de Constantinople sans un incident mortel de chasse de son prince.

Vue du château de Cabrières

Le village primitif de Cabrières se situait sur les flancs de la colline du château à environ 2km du village actuel. Le château, un des plus important de la région, se situait au sommet de cette colline. Il fut le théâtre de nombreux affrontements conduisant à 3 reprises sa destruction (Catharisme, Guerre de Cent ans, Guerres de Religion). Après les Guerres de Religion, le château, entièrement détruit, n’a pas été reconstruit et le village primitif a été petit à petit abandonné à partir de la fin du XVII°siècle pour se reconstruire au bord de la Boyne près de la tour de l’église Saint-Etienne. Des petits groupes de maisons se sont constituées (Mas de Gaussel, Mas de l’eglise, Mas du Bayle) avant de se regrouper petit à petit pour former le village actuel de Cabrières

Livret de découverte du patrimoine du village

Tour de l’église du XIV°siècle autour de laquelle le village s’est reconstruit

Histoire militaire

En 2021, la commune a célébré deux de ses soldats morts lors du conflit de 1870-1871, dans la cadre de l’année mémorielle initiée par le Ministère des armées. Une occasion de restaurer le monument aux morts

Les hameaux

La commune de Cabrières compte deux hameaux principaux : Les Crozes et le Mas Rouch.

Les Crozes

Havre de solitude, de calme et de paix, niché au milieu des bois de chênes verts et de châtaigniers, Les Crozes est un hameau pittoresque inconnu des guides touristiques. Vous y accéderez par une seule route étroite et tortueuse et lorsque vous arriverez sur la place ombragée vous aurez l’impression d’être au bout du monde.

Le hameau des Crozes

L’église Saint Martin

La première mention de l’église des Crozes remonte à l’an 900, cession que fit le vicomte de Béziers à l’abbaye de Saint Thibéry mais la construction n’a été achevée qu’au XIIème siècle. Les voûtains et arcs de l’abside témoignent d’une réfection au XIIIème et XIVème siècles.

Elle a été classée monument historique depuis décembre 1980, et se trouve sur le passage des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. En 1990 à l’occasion du millénaire de cette chapelle que le père Armand FARRAN écrira un petit fascicule sur cet édifice.

L’église Saint Martin des Crozes

Le four communal

Situé au cœur du hameau, le four a été pendant longtemps un lieu de rencontres et d’échanges entre les habitants. Vers 1930, la fabrication du pain s’éteignit peu à peu. Le four abandonné est tombé dans l’oubli. En 1994, il a été restauré et remis en valeur.

Le Mas Rouch

Situé entre Cabrières et le hameau des Crozes, le Mas Rouch regroupe sur un petit promontoire une dizaine de maisons utilisées pour la plupart comme résidences secondaires. Idéalement exposé cet hameau bénéficie d’un ensoleillement maximum tout au long de l’année.

Le Mas Rouch

Quelques domaines ou mas isolés comme le Temple, Lauriol, La Rouquette et Mas Boussiere, complètent les zones habitées de la commune.